Le centre de stérilisation SwissCare Stérilisation a ouvert ses portes en 2026 à Cugy, à quelques minutes au nord de Lausanne. À sa tête Vincent Balegno, directeur général, responsable technique et commercial, douze ans dans le métier de la stérilisation. Il revient sur l'ouverture du centre, son parcours et ce que l'externalisation change pour les cabinets de Suisse romande.
L'interview de Vincent Balegno
Vincent, pourquoi ouvrir un centre dédié à la stérilisation à Cugy ?
Parce que la stérilisation est un métier à part entière. Dans beaucoup de cabinets, elle se fait entre deux patients, par une assistante qui a mille autres choses à gérer. Nous avons voulu un lieu pensé pour une seule activité : rendre les instruments stériles, de façon sûre et traçable. Cugy nous place au cœur de la région, près de Lausanne, avec des interlocuteurs que nos clients connaissent.
Quel est votre parcours ?
Je travaille dans la stérilisation depuis douze ans. J'ai suivi les formations certifiantes du domaine, j'interviens comme expert en stérilisation et comme expert auprès des apprentis, et j'enseigne en école professionnelle. Transmettre fait partie du métier : SwissCare Stérilisation est d'ailleurs une entreprise formatrice, avec une apprentie en formation.
Comment le centre est-il organisé ?
En deux zones, avec un circuit qui va toujours dans le même sens : c'est la marche en avant. La zone sale reçoit les instruments et les lave dans nos trois laveurs désinfecteurs. La zone propre les contrôle, recompose les sets, les emballe et les stérilise dans nos trois autoclaves à vapeur, à 134 °C pendant 18 minutes. Les sets attendent ensuite leur départ dans un local à température et humidité surveillées. Un instrument propre ne croise jamais un instrument sale.
Qu'est-ce qui pousse un cabinet à externaliser sa stérilisation ?
Souvent, un autoclave en fin de vie, une inspection qui approche ou un manque de place. Stériliser soi-même, c'est un appareil à entretenir et à valider chaque année, une pièce à aménager, du personnel à former et chaque cycle à documenter. Avec nous, le cabinet garde uniquement la prédésinfection, juste après le soin. Tout le reste se fait au centre, en 24 heures au maximum dès l'arrivée des instruments.
Comment le cabinet garde-t-il la preuve que tout a été fait dans les règles ?
Chaque charge est tracée. Avec chaque livraison, le cabinet reçoit le dossier de stérilisation : date, autoclave, numéro de cycle, contenu de la charge, courbe du cycle, résultat des contrôles et signature de la personne qui l'a libérée. Ces données sont conservées seize ans. Et nous travaillons selon les Bonnes pratiques suisses de retraitement des dispositifs médicaux.
Où en est la certification ISO 13485 ?
La démarche est engagée et je la pilote personnellement. Le certificat est attendu pour fin octobre 2026. D'ici là, nous parlons d'une démarche en cours : c'est une question d'honnêteté envers nos clients.
Un conseil pour un cabinet qui hésite ?
Commencer par un audit sur place. Nous venons au cabinet, nous faisons avec vous la liste de votre matériel et de sa fréquence de retraitement, puis nous envoyons une offre adaptée à vos besoins réels.